Québec, l'accent d'Amérique

Patrimoine

L’archéologie à Québec

Histoire de l’archéologie

1608

La première découverte d’un site archéologique au Québec peut être attribuée à Samuel de Champlain (Brouage?, ? – Québec, 1635). Dans son récit de voyage de 1608, il décrit les vestiges du lieu d’hivernement de Jacques Cartier (Saint-Malo, 1491 – Saint-Malo, 1557) en bordure de la rivière Saint-Charles.

1843

En 1843, la coque d’un vaisseau du 16e siècle est découverte, enfouie dans la vase, au confluent du ruisseau Saint-Michel et de la rivière Saint-Charles. On croit que c’est la Petite Hermine, abandonnée par Jacques Cartier. Une partie des vestiges est envoyée à Saint-Malo, où une commission d’archéologues soutient que le navire peut remonter à l’époque du voyage de l’explorateur. Les pièces de bois et les ferrements du bateau sont divisés en deux parties, l’une pour le musée de Saint-Malo, l’autre pour le parlement de Québec. Cette dernière disparaît dans l’incendie de l’édifice.

1854

Lors de travaux d’excavation près de l’escarpement du Platon de Sillery, un éboulement met à nu des ossements, des débris de wampums et d’autres ornements. Plusieurs corps sont alors retirés, mais l’endroit n’est pas fouillé.

Le site est retrouvé par le père Adrien Pouliot et le géographe-archéologue René Lévesque en 1958. Les Maristes, propriétaires du terrain, entreprennent les premières fouilles sous la direction du père Gilles Chabot. L’équipe de la Société d’archéologie de Québec prend la relève en 1959 et 1960. Quelques sépultures sont dégagées : aucun ornement ou objet usuel n’accompagne les restes humains.

1860

Au cours des années 1860, se crée au Séminaire de Québec un musée d’ethnologie, qui renferme des pièces égyptiennes, asiatiques, africaines, amérindiennes et inuites. C’est à cette époque que les abbés Charles-Honoré Laverdière (Château-Richer, 1826 – Québec, 1873) et Henri-Raymond Casgrain (Rivière-Ouelle, 1831 – Québec, 1904) réalisent la première étude visant à situer le tombeau de Champlain. Ils entreprennent également des recherches pour dégager les murs de la chapelle Saint-Michel de la mission des Jésuites à Sillery. Ils désirent ainsi trouver la sépulture d’un des premiers missionnaires jésuites du Canada, le père Énemond Massé (Lyon, 1575 – Sillery, 1646), et rappeler l’importance historique de ce site.

1866

L’abbé Charles-Honoré Laverdière dégage les vestiges de murs lors de la pose d’un paratonnerre près de la porte principale de la façade est de l’aile de la Procure du Séminaire de Québec. Il associe les découvertes à la maison de la veuve Couillard.

1878

Parmi les premiers travaux archéologiques réalisés à Québec, mentionnons ceux qui ont été menés au collège des Jésuites, démoli en 1878 pour faire place à l’hôtel de ville actuel. Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice (Québec, 1844 – Québec, 1897), ancien capitaine d’infanterie, est chargé de cette tâche par le premier ministre et commissaire des travaux publics de la province, Henri-Gustave Joly de Lotbinière (Épernay, 1829 – Québec, 1908). Il dresse un relevé de la chapelle, construite au milieu du 17e siècle, et rédige un rapport dans lequel il décrit les nombreuses sépultures. Ardent défenseur de la préservation des fortifications de Québec, Faucher de Saint-Maurice souligne, dans une lettre adressée au premier ministre, les découvertes fortuites faites lors de la démolition des ouvrages avancés; il mentionne aussi la présence de sépultures amérindiennes sur le site du nouvel hôtel du Parlement.

1951

Sylvio Dumas, un des futurs fondateurs de la Société historique de Québec, commence des fouilles archéologiques dans le Vieux-Québec en vue de trouver les vestiges du tombeau de Champlain. Il entreprend des fouilles également à Cap-Rouge pour tenter de retracer l’établissement de Jacques Cartier et de Jean-François de La Rocque de Roberval (Carcassonne?, vers 1500 – Paris, 1560).

1959

Sylvio Dumas, avec d’autres membres de la Société historique de Québec, fait appel à Kenneth E. Kidd, un archéologue des Musées nationaux du Canada, pour explorer le confluent des rivières Saint-Charles et Lairet à la recherche du lieu d’hivernement de Cartier.

Le géographe-archéologue Michel Gaumond fonde avec Albert Gérin-Lajoie la Société d’archéologie de Québec, qui tient aussi un petit musée.

1961

Création du Service d’archéologie du ministère des Affaires culturelles du Québec et entrée en fonction du premier géographe-archéologue, Michel Gaumond, dans ce ministère.

Fondation du Centre d’études nordiques de l’Université Laval.

1963-1965

Constitution des sites patrimoniaux (arrondissements historiques) du Vieux-Québec, de Beauport, de Sillery et de Charlesbourg.

1969

Début des fouilles archéologiques à Place-Royale. Elles permettront de constituer la plus importante collection archéologique de référence concernant la Nouvelle-France.

1972

Adoption de la Loi sur les biens culturels, qui range les sites archéologiques parmi les biens culturels à protéger.

1973

Adoption du Règlement sur la recherche archéologique, qui énonce les conditions relatives à l’émission des permis de recherche archéologique et à la présentation du rapport annuel.

1975

Ouverture du bureau régional de Parcs Canada à Québec.

Création de la maîtrise en archéologie historique au Département d’histoire de l’Université Laval. Aujourd’hui, Laval est la seule université de langue française en Amérique à offrir des diplômes en archéologie aux trois cycles.

1979

Création de l’Association des archéologues du Québec (AAQ).

1982

Début des fouilles à l’îlot des Palais par le chantier-école de l’Université Laval.

1985

Engagement du premier archéologue à la Ville de Québec.

Inscription du Vieux-Québec sur la Liste du patrimoine mondial.

1999

Classement de la collection archéologique de référence de Place-Royale.

Fondation du réseau Archéo-Québec.

2000

Tenue du colloque de la Society for Historical Archaeology à Québec.

2008

Classement du site historique et archéologique de l’Habitation-Samuel-De Champlain.

2009

L’archéologue Marcel Moussette reçoit le prestigieux prix Gérard-Morisset décerné par le gouvernement du Québec.

2014

Tenue du colloque de la Society for Historical Archaeology à Québec.

© Ville de Québec, 2016. Tous droits réservés.