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Patrimoine

L’archéologie à Québec

Place Jean-Pelletier

La digue du Palais

Les fouilles archéologiques ont mis au jour une section du parement est de la digue du Palais. Cet ouvrage d’envergure en pierre sèche, de quelque 10 m de largeur et d’une longueur estimée à 160 m, s’étendait du rivage jusqu’au lit de la rivière Saint-Charles.

La digue du Palais (Q) construite pour protéger le port Saint-Nicolas.

Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, Plan du Palais et des environs, 1743, Archives nationales d’outre-mer, France, FR CAOM F3/290/88.

Le chantier naval du Roi

Le chantier naval du Roi, réalisé en 1738 et 1739, comprenait notamment des quais à éperons, une cale pour la construction des navires ainsi que des hangars et des ateliers pour les artisans. Nécessaires aux multiples tâches des ouvriers et à l’hivernage des navires, les éperons de bois servaient aussi à placer des cabestans, sortes de treuils munis de câbles indispensables au lancement des navires.

Les vestiges du chantier naval étaient étonnamment bien conservés. Les archéologues ont mis au jour des portions importantes des murs et des éperons des quais, de la cale, de l’avant-cale et des aménagements secondaires. L’identification d’échantillons de bois démontre que la pruche canadienne, le pin blanc et l’épinette blanche ont été utilisés pour les quais, tandis qu’on a choisi le thuya occidental et le mélèze pour les tirants.

La cale de construction des navires couvrait toute la superficie excavée de la rue des Vaisseaux-du-Roi et suivait la pente naturelle en direction de la rivière. Elle était composée d’une imposante charpente en pièces de bois équarries, enchevêtrées et mortaisées. Les traces d’une passerelle et d’un quai secondaire partageant le bassin d’origine indiquent que la cale a été adaptée à la construction et à la réparation de navires plus modestes. Cette transformation démontre que le chantier naval a poursuivi ses activités après 1749. Des restes de l’occupation du site après la Conquête, tels le King’s Wood Yard et le Batteaux Yard, ont d’ailleurs été identifiés.

L’épave d’un navire compte parmi les découvertes les plus spectaculaires. Son identité n’a pu être établie, mais d’après la longueur restante de la quille (13,7 m) et la largeur maximale de la coque (7,4 m), il jaugeait environ 200 tonneaux. Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un bateau militaire britannique incendié en 1775, lors de l’invasion américaine.

Reconstitution du chantier naval du Roi et de ses aménagements secondaires.

Illustration Marie-Andrée Marchand.

Outils associés à l’exploitation du chantier naval du Roi entre 1739 et 1748.

Place Jean-Pelletier, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Ville de Québec.

Cosses de cordage et anneau d’ancrage en fer forgé, cap de mouton en bois et cordage en chanvre associés à l’exploitation du chantier naval du Roi entre 1739 et 1749.

Place Jean-Pelletier, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Ville de Québec. 

Anneau d’ancrage servant à l’amarrage des navires associé à l’exploitation du chantier naval du Roi entre 1739 et 1749.

Place Jean-Pelletier, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Ville de Québec. 

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