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Patrimoine

L’archéologie à Québec

Place de l’Assemblée-Nationale

Du milieu du 18siècle à la fin du 19e siècle, l’emplacement de l’hôtel du Parlement a été occupé par divers ouvrages défensifs ayant pour but de protéger les remparts : fossé, contrescarpe, glacis, ravelin, tenailles, contregardes. La nécessité de créer une zone libre de constructions devant ces fortifications avancées explique la disparition des quelques habitations situées à proximité, en bordure de la Grande Allée.

Les fortifications avancées françaises

Les fortifications avancées élaborées par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (Toulon, 1682 – Québec, 1756) comprenaient plusieurs éléments : fossé, contrescarpe, chemin couvert, parapet du chemin couvert et glacis. Dans le secteur de la place de l’Assemblée-Nationale, seuls le fossé, la contrescarpe et le glacis ont été aménagés. Lors de la prise de Québec, les Britanniques constatent le mauvais état de ces ouvrages. Le fossé avait été excavé jusqu’au roc, tandis que la contrescarpe, qui avait de trois à neuf pieds (0,91 m à
2,7 m) de hauteur, s’écroulait sur presque toute sa longueur.

Les fouilles archéologiques ont mis au jour des sections de la contrescarpe française, réutilisées dans les ouvrages postérieurs, et quelques lambeaux du glacis français.

Les fortifications avancées britanniques

Dès 1760, le gouverneur James Murray (Lothian, 1721/1722 – Hastings, 1794) procède, entre autres, à la mise en place d’un ravelin devant la courtine Saint-Louis et d’une série de blockhaus sur la colline de Québec, dont certains ont été implantés sur les terrains de l’hôtel du Parlement. Appuyé sur la contrescarpe française, le ravelin est un ouvrage temporaire réalisé en une seule journée, qui ne consiste probablement qu’en levées de terre. Il subsistera jusque vers 1790.

De 1808 à 1811, les autorités britanniques travaillent à la construction de fortifications avancées permanentes devant la courtine Saint-Louis. Un nouveau ravelin constitue l’élément central de ce système défensif. Il est flanqué du côté nord par la tenaille et la contregarde des Ursulines et du côté sud par la tenaille et la contregarde Saint-Louis. Devant cet ensemble se trouve une contrescarpe de bonne hauteur qui, tout en supportant le glacis, délimite le fossé. À cela s’ajoutent des aménagements secondaires et un atelier sur le ravelin. L’accès à la porte Saint-Louis depuis la Grande Allée se fait par un passage sinueux exposé au tir de l’un ou l’autre des ouvrages.

Mis à part le ravelin de Murray et la contregarde des Ursulines, complètement détruite lors de la construction du stationnement D’Youville en 1971, des vestiges imposants des principaux éléments de ces fortifications avancées britanniques ont été découverts. Les murs de maçonnerie étaient le plus souvent constitués de calcaire recouvert de parements de grès vert dans les parties visibles. Les vestiges du ravelin démontrent que la contrescarpe française a été intégrée au mur arrière de l’ouvrage, plus particulièrement dans ses portions nord et sud. Il est également possible que la contrescarpe française ait été réutilisée pour former la face est de la contregarde Saint-Louis.

Les ouvrages avancés britanniques sur le site de la place de l’Assemblée-Nationale.

Maquette Ville de Québec.

La porte Saint-Louis vers 1834 : à gauche, le ravelin; à droite, la tenaille Saint-Louis.

Tiré de Hawkins’s Picture of Quebec, édition de 1902, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P546, D5, P19.

Vestiges de la tenaille Saint-Louis, place de l’Assemblée-Nationale.

Photographie Ville de Québec.

La démolition des fortifications avancées

Les interventions archéologiques attestent que la démolition des fortifications avancées a été réalisée en deux phases. La première, en 1871, avait pour but de redresser le tracé de la Grande Allée devant la porte Saint-Louis. La seconde, effectuée entre 1880 et 1890, lors de l’aménagement des abords de l’hôtel du Parlement et de l’élargissement de la Grande Allée, a entraîné la disparition presque complète des ouvrages restants. Les architectes de l’hôtel du Parlement ont toutefois intégré à l’aménagement paysager certaines portions de ces ouvrages, notamment à l’arrière du ravelin. Celles-ci disparaîtront lors de la construction du stationnement D’Youville, en 1970.

La patinoire couverte construite en 1864 par le Quebec Skating Club sera utilisée par les tailleurs de pierre affectés à l’édification de l’hôtel du Parlement. Celle qui la remplace en 1877, située immédiatement au nord de la porte Saint-Louis, a laissé quelques vestiges. Cette patinoire sera déplacée de l’autre côté de la Grande Allée en 1889.

Démolition des fortifications avancées devant la porte Saint-Louis.

Tiré de L’Opinion publique, 4 septembre 1871.

Vue de la Grande Allée et de la porte Saint-Louis à la suite de la première phase de démolition des fortifications avancées.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560, S1, P90.

Le Quebec Skating Club (Rink) et la nouvelle porte Saint-Louis, vers 1880.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560, S2, D2, P300055.

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