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Patrimoine

L’archéologie à Québec

Église de La Nativité-de-Notre-Dame

Autour de ses cinq églises successives, l’enclos paroissial de La Nativité-de-Notre-Dame n’a cessé de s’agrandir. Les interventions archéologiques ont permis de connaître l’aspect de la première église et de définir les limites fluctuantes du cimetière.

Les églises

Les vestiges de la première église ont été découverts immédiatement au nord du lieu de culte actuel. L’église en pierre mesurait 22,86 m sur 8,90 m. Elle présentait une abside à l’est et un transept; le maître-autel reposait sur un socle de pierre. La couche de démolition renfermait des fragments de crépi intérieur peint en jaune, rouge et bleu. À l’ouest, un perron de quelques marches donnait accès à la nef. Les archéologues ont trouvé peu de traces des églises postérieures, qui occupaient le même emplacement que l’église actuelle.

Vestiges de la première église de La Nativité-de-Notre-Dame, ouverte au culte en 1676.

Photographie Christian Dionne.

Reconstruction hypothétique de la première église de La Nativité-de-Notre-Dame.

Dessin Ville de Québec.

Éléments de chapelets, première église de Beauport, contexte 1676-1722.

Église de La Nativité-de-Notre-Dame, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Diane Bussières.

Fragment du crépi intérieur peint en jaune, rouge et bleu, première église de Beauport, contexte 1676-1722.

Église de La Nativité-de-Notre-Dame, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Diane Bussières.

Pièce de monnaie à l’effigie de Louis XIV et datée de 1656, revers marqué LIARD DE FRANCE L et portant trois fleurs de lys, première église de Beauport, contexte 1676-1722.

Église de La Nativité-de-Notre-Dame, collections archéologiques de la Ville de Québec, photographie Diane Bussières.

Le cimetière

Les sépultures à l’intérieur de la première église

Les registres paroissiaux révèlent que 16 personnes, 4 adultes et 12 enfants, ont été inhumées dans la première église. Parmi les adultes se trouvaient les seigneurs Joseph Giffard et Ignace Juchereau. Les enfants étaient fils ou filles de seigneurs ou de notables; ils étaient âgés entre 7 semaines et 7 ans au moment de leur décès et 6 avaient moins de 6 mois. En 1726, une ordonnance mentionne la volonté de transformer l’espace occupé par l’ancienne église en cimetière d’enfants lorsque les corps qui y sont enterrés auront été déposés dans la nouvelle; elle attire aussi l’attention sur la nécessité de clore le cimetière.

Deux sépultures d’enfants de trois ou quatre mois ont été mises au jour dans la nef. Les corps avaient été placés dans des cercueils rectangulaires en bois avec la tête orientée vers le sud. Deux fragments d’épingles de laiton, probablement liées à l’utilisation d’un linceul, et 49 perles de verre noires ont été trouvés près du cou de l’un d’eux. L’absence d’autres sépultures appuie la translation des restes dans la nouvelle église, mais remet en cause l’utilisation de l’espace comme cimetière d’enfants. L’abandon sur place d’une grande quantité de matériaux provenant de la démolition de l’église entre aussi en contradiction avec une telle réutilisation.

Les excavations archéologiques limitées pratiquées à proximité de l’abside de la première église ont mené à la découverte d’une seule fosse d’inhumation, ce qui est insuffisant pour confirmer la présence d’un cimetière à cet endroit.

Une section de cimetière adjacente à la deuxième église

Certains plans réalisés entre 1760 et 1800 laissent croire que le cimetière était alors voisin, mais détaché de la deuxième église. Les archéologues ont toutefois trouvé des vestiges de murets délimitant une section de cimetière adjacente à l’édifice. La construction de l’enceinte faisait sans doute suite à une recommandation formulée lors de la visite épiscopale de 1818 qui priait les paroissiens « de prendre les mesures pour clore en commun, d’ici deux ans, le cimetière de la paroisse, en sorte que les murs en soient plus solides et plus hauts et recouverts de planche peinturée […] ». Selon les données archéologiques, cette partie du cimetière aurait été agrandie vers 1830.

Dans l’espace occupé par cet enclos funéraire, quatre sépultures ont été mises au jour : celles de deux enfants, l’un étant probablement de sexe féminin et âgé de 10 à 12 ans, d’un homme décédé avant la trentaine et une fosse d’inhumation vide. Tous les défunts avaient la tête orientée vers l’ouest.

Carte montrant le cimetière de la paroisse de La Nativité-de-Notre-Dame dans un enclos séparé de l’église; à noter, le ruisseau au nord de la place de l’église.

Thomas Jefferys, détail de A correct plan of the environs of Quebec, and of the battle fought on the 13th September 1759, 1762, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, G 3452 Q4R1 1762 J4 CAR.

Superposition de la carte de Thomas Jefferys à la trame actuelle de la place de l’église de La Nativité-de-Notre-Dame. Le mur est de la section de cimetière adjacente à l’église joignait peut-être l’enceinte du cimetière principal.

Plan Ville de Québec.

La section du cimetière adjacente à l’église de La Nativité-de-Notre-Dame. Les vestiges 4A/8A400 délimitent la superficie initiale et les vestiges 12R100a et 12G100, sa superficie après l’agrandissement.

Plan Ville de Québec.

Autour de la sacristie de la troisième église et au-delà de la rue du Fargy

La construction de la troisième église rend nécessaires l’exhumation de plusieurs sépultures et le démantèlement en tout ou en partie de l’enceinte du cimetière. En 1851, il est agrandi une fois de plus et l’enceinte est refaite. L’enclos inclut désormais la sacristie et se prolonge à l’est au-delà de la rue du Fargy.

Les interventions archéologiques effectuées au nord-est de la place de l’église et dans la rue du Fargy ont révélé des vestiges des murets érigés à ce moment, plusieurs sépultures disposées dans un axe est-ouest, des traces de cercueils et des fosses d’inhumation. Les défunts ont vraisemblablement échappé à la translation des restes qui a suivi l’ouverture du cimetière actuel en 1879.

Plan illustrant la place de l’église de La Nativité-de-Notre-Dame et le cimetière vers 1867.

Honorius Sisson Sitwell, détail de Plan of the environs of Québec, 1867, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P600, S4, SS2, D635, P5.

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